De la production à la distribution

> Quelques données historiques

 

Avant 1952

En 1942, la Société des Mines de Carmaux signe une Convention avec la commune de St Benoît de Carmaux (Maître d’Ouvrage), qui devient propriétaire des terrains situés sous le lac de la Roucarié.

Le barrage de type voûte en  béton, a été conçu par l’ingénieur A. Coyne (1). Sa capacité était de 3 600 000 m3 répondant ainsi aux besoins en eau de la Société des Mines (eau de lavage des charbons, alimentations en eau potable des cités minières…).
Sa construction dura 4 ans et sa première mise en eau eut lieu en 1948.

En même temps, la station de filtration a été construite au pied du barrage. Sa capacité était de 600 m3/h. Un tunnel de 1,3 kilomètres a été creusé sous la butte de Canitrot pour amener l’eau sur le versant du Cérou puis par une canalisation en fonte 500 mm, au réservoir et à la station de pompage de la Cyanamide à St-Benoît-de-Carmaux.

La Société des Mines puis les Houillères d’Aquitaine géraient pour leur compte et pour la commune de St Benoît de Carmaux, les installations du barrage de la Roucarié.

Il est apparu rapidement aux Houillères d’Aquitaine que la capacité du barrage était insuffisante aux besoins de la Mine. De plus, de nombreuses communes, y compris la commune de St Benoît de Carmaux,  ne disposaient pas de réseau d’adduction. Elles envisagèrent un regroupement pour s’alimenter en eau potable par le barrage de la Roucarié.

C’est ainsi que par arrêté préfectoral du 6 avril 1948, a été créé sous la présidence du Maire, Conseiller Général de la commune de St Benoît, le Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable composé des communes d’Almayrac, de Trévien, de Monestiés (sur Cérou), de Ste Gemme (2), St Benoît de Carmaux, de Labastide Gabausse, de Blaye les Mines, de Le Garric, de Salles (sur Cérou), de Le Ségur, de Cagnac les Mines et de Taïx (3).

Pour alimenter en eau potable ces communes, il fallait rehausser la digue du barrage pour augmenter son volume.

 

De 1952 à 1961

Afin de permettre la rehausse du barrage de la Roucarié et d’obtenir des aides de l’Etat, il était nécessaire que ces travaux profitent à toutes les collectivités du SI AEP et que ce dernier se substitue à la Commune de St-Benoît de Carmaux. C’est ainsi que par l’Avenant n°2 du 8 novembre 1952 à la Convention de 1942, le SI AEP de la Roucarié s’est substitué à la commune de St Benoît de Carmaux. Il bénéficia de ses droits et obligations.

Le SI AEP¨de la Roucarié en relation avec les Houillères d’Aquitaine, qui réalisa les travaux de réhausse, finança ceux-ci.
Il engagea avec l’aide d’un ingénieur du Génie Rural de gros programmes d’investissement d’adduction sur les communes le composant.

Entre 1951 et 1959, le SI AEP de la Roucarié fit construire 10 réservoirs d’eau potable et fit poser tous les réseaux les alimentant.

Les investissements intéressants les travaux d’adduction furent remboursés au prorata du nombre d’habitants de chaque commune du SI AEP de la Roucarié.
En 1958, une Nouvelle Usine d’eau potable, plus moderne a été construite à côté de l’Ancienne Usine, au pied du barrage. Elle avait une capacité nominale de 400 m3/h.
Mais des divergences sont vite apparues entre les différentes communes du SI AEP de la Roucarié et la commune de St Benoît de Carmaux qui disposait de 300 m3/j d’eau potable gratuite (4).

Le Maire de St Benoît de Carmaux, président du SI AEP de la Roucarié expliqua que "sa commune est autonome et a son réseau propre et n’a besoin en aucun cas du Syndicat pour l’alimentation en eau de ses abonnés" (5) .

Le 15 avril 1961, la commune de St Benoît de Carmaux quitta le Syndicat Intercommunal AEP de la Roucarié.

Le Maire de Monestiés fut élu Président du SI AEP de la Roucarié.

 

De 1962 à 1999

La mise en eau du barrage de la Roucarié à sa côte maximum eut lieu en 1962.

En 1977, le Maire de Le Garric fut élu Président du SI AEP de la Roucarié.

En 1980, les communes de Blaye les Mines et de Cagnac les Mines quittèrent le SI AEP de la Roucarié (6), un contentieux les opposant aux autres communes rurales à propos des participations annuelles aux frais de fonctionnement du Syndicat, ainsi qu’au déficit de ce dernier.

La même année, les Houillères du Bassin du Centre et du Midi confia la gestion des usines de production d’eau potable à la SAUR.

Le 28 juillet 1995, l’actuel maire de Monestiés fut élu Président du SI AEP de la Roucarié.

Les Houillères du Bassin du Centre et du Midi n’exploitaient plus les filons de charbon carmausin depuis le début des années 1990.

En Juillet 1995, le SI AEP de la Roucarié signa une convention de vente de 300 000 m3 d’eau potable par an avec le Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable des Vallées du Viaur et du Cérou composé des communes de Cordes, de Bournazel, des Cabannes, de Laguépie, de Mouzieys Panens, de St Martin de Laguépie, de St Marcel de Campes, de Livers Cazelle et de Lacapelle Ségalar.

Les capacités de production d’eau potable du Syndicat permettent à d’autres communes, connaissant des difficultés d’alimentation, de se raccorder sur les réseaux de la Roucarié, confirmant la primordialité de la ressource pour le Nord du Tarn.

Les HBCM préparaient leur désengagement du Carmausin. C’est dans ce contexte qu’un protocole d’accord signé le 22 Octobre 1998 entre le SI AEP de la Roucarié et les HBCM fixait « les conditions de rétrocessions de la réserve d’eau de la Roucarié, du barrage et de toutes les annexes de production et, d’adduction et de distribution d’eau situées en aval du barrage et propriétés des HBCM au SI AEP de la Roucarié ». Dans ces conditions figuraient la remise en état des installations de production d’eau potable existantes afin de prolonger leur durée de vie de 5 ans pendant laquelle une nouvelle station de traitement devrait être construite.

Pour étudier la possibilité de reprise et d’exploitation du barrage et de toutes les annexes de production et, d’adduction et de distribution d’eau situées en aval du barrage, et pour engager la construction de la future station de traitement d’eau potable de  le SI AEP de la Roucarié en gagea un ingénieur territorial.

 

 

(1) Concepteur du barrage de Malpasset (rupture le 2 décembre 1959), Président de l’Association internationale des Grands Barrages, il s’associa avec son gendre J. Bellier.
(2) La commune de Ste Gemme a quitté dès 1950 le SI AEP de la Roucarié pour le SI AEP du Carmausin.
(3) Soit une population de 6500 habitants environ.
(4) Droit négocié de 1000 m3/ mois d’eau brute en 1942 avec la Société des Mines, de 300 m3/j d’eau filtrée en 1948 avec les Houillères d’Aquitaine (Avenant n°1 à la Convention de 1942) et de 300 m3/j d’eau potable en 1952 (avenant n°2 du 8 Novembre 1952) avec les Houillères du Bassin du Centre et du Midi.
(5) Séance du Comité Syndical du 15 avril 1961
(6) Délibération du Comité Syndical du 10 Juillet 1980.